D’ordinaire, les agents de sécurité privée avaient beau être en première ligne dans la sûreté des transports, les salles de commandement de l’État leur restaient fermées à double tour. Ils étaient donc privés des images en temps réel et devaient se contenter d’informations partielles. Depuis le 11 février 2025, les choses ont évolué. Les députés du Rassemblement National ont fait voter un amendement qui permet enfin à ces agents de pouvoir accéder à ces centres stratégiques. Pour la profession, il s’agit d’une avancée majeure qui marque une véritable reconnaissance de leur métier et leur rôle dans le continuum de sécurité.
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Une reconnaissance pour le secteur
En effet, cet amendement ouvre aux agents de sécurité privée un accès inédit aux salles d’informations et de commandement (SIC) de l’État. Jusqu’à présent, ces salles de commandement de l’État étaient uniquement réservées aux forces publiques. Pourtant en première ligne, les agents de sécurité privée n’y avaient pas accès et étaient donc privés des images en temps réel de systèmes de vidéoprotection. Avec l’adoption de cet amendement, des agents seront désignés et habilité par le représentant de l’État pour intégrer ces PC et visualiser les images en direct. Cette avancée va favoriser une meilleure coordination, une réactivité renforcée et un nouveau travail de complémentarité avec les forces publiques.
Cet amendement n°70, porté par plusieurs députés du Rassemblement National, symbolise une prise en compte inédite de la sécurité privée. Même si elle est tardive, cette reconnaissance marque une étape cruciale dans le rôle joué par le secteur qui pourrait, pour la première fois, agir en temps réel, et détenir les mêmes informations que la Gendarmerie et la Police.
Adopté en première lecture, l’amendement doit suivre ensuite les étapes classiques du processus législatif. Se poseront notamment les questions du cadre juridique autour de ces missions, en particulier au niveau de l’habilitation, et les relations avec les forces publiques.