La sécurité publique ne s’arrête pas aux frontières nationales. La mondialisation des menaces, le développement des réseaux criminels transnationaux et les incertitudes géopolitiques font que la France a dû s’adapter. Coopérations internationales et consolidation de ses capacités de renseignement forment désormais des piliers essentiels de la sécurité publique, permettant d’anticiper, de détecter, de neutraliser et de répondre efficacement à des risques qui dépassent largement le cadre hexagonal. Nous venons d’en avoir un exemple récent avec les craintes que la situation tendue entre Israël et l’Iran dans une approche asymétrique de représailles ne se traduise par des attentats en France.
La France est concernée par tous les trafics (drogue, art, animaux, armes…) qui peuvent exister. Sa situation géographique en fait un point d’entrée pour le continent européen et ses territoires ultramarins sont de plus en plus sollicités par des réseaux criminels comme point d’étape. Dès lors la coopération internationale est une nécessité absolue permettant de mutualiser des moyens qui sinon ne seraient pas à la hauteur des enjeux. On citera à cet effet :
L’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) : Basée à Lyon, Interpol permet l’échange d’informations et la coordination d’opérations entre 195 pays membres.
Europol : L’agence européenne de police criminelle, dont la France est un membre actif, facilite le partage de renseignements et la coordination d’enquêtes contre les réseaux criminels opérant à l’échelle européenne.
Eurojust : Cette agence européenne dédiée à la coopération judiciaire fait le lien entre les systèmes juridiques nationaux pour faciliter les poursuites et l’extradition des suspects.
Officiers de liaison à l’étranger : La police nationale et la gendarmerie détachent de nombreux officiers de liaison dans le monde pour fluidifier la collaboration avec les polices locales et les autorités judiciaires.
La France développe également des accords de coopération spécifiques avec de nombreux pays, notamment dans le cadre de la lutte contre la criminalité transfrontalière à ses frontières terrestres et maritimes (Belgique, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, etc.). Elle participe activement à des initiatives régionales de sécurité, comme le G5 Sahel pour la stabilisation et la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest.
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en lien avec le ministère de l’Intérieur, dispose de cellules de crise mobilisables 24h sur 24 pour la gestion des situations d’urgence à l’étranger (attentats, catastrophes naturelles, évacuations, etc.). La protection des ressortissants français et des intérêts nationaux à l’international constitue une priorité de sécurité publique.
Le dispositif français de renseignement repose sur plusieurs services spécialisés, dont la coordination est assurée par le Conseil national du renseignement et le Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT) qui est Pascal Mailhos, un ancien préfet. On peut ainsi citer sans que cela soit exhaustif :
La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) : service de renseignement de sécurité intérieure, elle est en première ligne contre le terrorisme, l’espionnage, les ingérences étrangères et la radicalisation.
La DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) : service de renseignement extérieur, elle opère hors du territoire national pour protéger les intérêts français et surveiller les menaces internationales.
La DRM (Direction du renseignement militaire) : elle collecte et analyse le renseignement d’origine militaire pour soutenir les forces armées et anticiper les crises.
La DRSD (Direction du renseignement et de la sécurité de la défense) : chargée de la sécurité des personnels, équipements et informations du ministère des Armées.
TRACFIN : service de renseignement financier rattaché au ministère de l’Économie, chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
La DNRT (Direction nationale du renseignement territorial) qui émane de la Direction Générale de la Police nationale. Elle est chargée d’assurer la recherche, la collecte, l’analyse et l’exploitation des renseignements relatifs à la préservation des enjeux stratégiques susceptibles d’affecter la vie de la Nation.
Le renseignement permet d’anticiper et de prévenir les menaces pesant sur la France, telles que :
La préparation d’attentats terroristes ou d’actions criminelles majeures
Les ingérences étrangères dans la vie politique, économique et technologique
La prolifération des armes et la cybermenace
L’immigration clandestine organisée par des réseaux criminels
Les services de renseignement procèdent à la surveillance de personnes, de communications, d’événements et de flux financiers, dans le respect du droit et sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR).
Les menaces auxquelles la France fait face évoluent constamment, sous l’effet de la technologie, de la mondialisation et des tensions géopolitiques. Les cyberattaques contre les infrastructures critiques, la désinformation orchestrée par des puissances étrangères, le retour des combattants étrangers ou les réseaux de trafics internationaux imposent une adaptation continue des dispositifs de sécurité publique.
La montée en puissance du renseignement au cœur de la sécurité publique pose des défis démocratiques : il s’agit de concilier efficacité de la prévention et respect des libertés individuelles. Le contrôle parlementaire, la transparence des procédures et l’encadrement strict des techniques de surveillance sont essentiels pour maintenir la confiance de la population. Autant de sujets sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir en développant plus largement quelques-uns des organismes mentionnés dans ce qui est avant tout un panorama général.
Nicolas Lerègle







