Sécurité et immigration : les migrants afghans en France

30 août 2025 | Sécurité générale

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Sécurité et immigration : les migrants afghans en France

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Migration et intégration. Arrivés massivement sur le territoire français depuis quelques années, il n’est pas rare de croiser des migrants afghans dont la culture et l’intégration peuvent poser question. La machine à intégrer en France est-elle cassée ? La difficulté à trouver un emploi renforce-t-elle cette différence ? En juin 2025, Didier Leschi, directeur de l’OFII, a consacré un rapport de la Fondapol à l'étude des migrants afghans arrivés en France, rapport intitulé : L’immigration afghane en France – Un événement de grande ampleur.

Arrivées massives en Europe

La présence de populations afghanes en France depuis quelques années semble intimement liée à l’ouverture des frontières européennes en générale et de l’Allemagne en particulier, lors de la crise de 2015. « En chiffres absolus la demande d’asile afghane, au sein de l’Union européenne a été multipliée par cinq. Au cours de l’année 2015, en arrondissant, la demande d’asile passe de 42 000 à 195 000. Elle diminue légèrement en 2016, pour chuter en 2017. Ce qui atteste de l’effet aspirant qu’a eu, en 2015, l’initiative de la chancelière allemande Angela Merkel de suspendre le règlement Schengen pour son compte, c’est-à-dire d’ouvrir les frontières de son pays à tous ceux qui souhaitaient s’y installer », souligne le rapport de la Fondapol.

Cette ouverture rapide va jouer rôle d’attraction pour des milliers de personnes qui vont se lancer sur les routes. « Ainsi va apparaître un couloir d’accès vers l’Union européenne traversant la Serbie. Il va être emprunté par plusieurs centaines de milliers de demandeurs d’asile, issus principalement du Moyen Orient et d’Asie méridionale. Les Afghans vont s’y engouffrer »

La politique des talibans ou la situation en Afghanistan ne peuvent pas être les seules raisons de cette émigration massive. « À cette époque, l’accélération des arrivées afghanes en Europe n’est pas liée aux évolutions ou aux basculements de la situation en Afghanistan, même si la poursuite de la guerre civile, le début du retrait des forces américaines et l’intensification des attentats de l’État islamique au Khorasan peuvent en partie l’expliquer. »

Le cas français

Pourquoi les afghans souhaitent particulièrement se rendre en France ? Le rapport de la Fondapol explique que les conditions y sont plus favorables, ce qui pousse de nombreux réfugiés à y faire une demande d’asile, même si la procédure a déjà réalisée dans un autre pays européen. « De 2018 à 2023, entre 41 et 55 % des Afghans ayant déposé une première demande d’asile en France en avaient déjà déposé une ailleurs dans l’UE, principalement en Suède ou en Allemagne », explique Didier Leschi, auteur du rapport.

Une fois leur demande acceptée, parfois sans profession, la vie des demandeurs d’asile se déroule généralement à la marge de la société et parfois même en zone rurale. « Le groupe des Afghans demeure dans une marginalité sociale, culturelle et cultuelle, tant les croyants trouvent peu de solidarité au sein d’un monde musulman dominé, en France, par les Maghrébins. Des villes, petites ou moyennes, aussi inattendues qu’Aurillac, Vannes ou encore Colmar connaissent une présence afghane », témoigne l’auteur.

Sécurité et immigration

L’immigration afghane est liée à une culture musulmane radicale, parfois difficile à intégrer dans une Europe libérale et démocratique. « Une étude du Pew Research Center de 2013 faisait apparaître la difficulté d’intégrer les Afghans, ceux-ci se déclarant à 99 % favorables à la charia et 85 % à la lapidation en cas d’adultère 32 », ajoute le rapport de la Fondapol.

La différence de culture avec le pays d’accueil et notamment la différence dans les rapports homme/femme conduisent à une surreprésentation des Afghans au sein des services de police. « Il ressort de ces données que les Afghans ont été 4 à 5 fois plus représentés parmi les mis en cause pour l’ensemble des infractions enregistrées en Allemagne durant l’année 2024 (2,3 % du total) par rapport à leur part dans la population du pays », précise le rapport. Et d’ajouter : « Si une certaine délinquance peut se trouver liée à des nécessités de survie ou à des facteurs de précarité, cette surreprésentation est particulièrement marquée pour certains crimes et délits de nature sexuelle. Ce constat est à mettre en rapport partiel avec la vision des rapports femmes hommes qui est un problème culturel majeur, comme on le sait, en Afghanistan. »

Le rapport de de la Fondapol pointe donc un lien entre immigration et sécurité mais émet aussi des explications d’ordre culturelle ou religieuse, sans pour autant s’y restreindre. Les immigrés afghans semblent représenter une population singulière parmi les demandeurs d’asile et parmi les pays musulmans à l’origine de l’immigration. Stigmatisation ou lanceur d’alerte ? Le rapport a le mérite de pointer un enjeu d’intégration et de sécurité publique qu’il faudra résoudre si l’on veut améliorer la sécurité publique.

Simon DOUAGLIN

Auteur / autrice

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