Économie, défense et financement : les PME bretonnes au service des Armées

14 septembre 2025 | Innovation/international

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Économie, défense et financement : les PME bretonnes au service des Armées

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Dans un contexte de tensions internationales exacerbées, se pose la question de l’efficacité de l’économie de la Défense. Les acteurs industriels seront-ils en mesure de tirer les leçons du conflit en Ukraine et de proposer de réelles solutions innovantes de Défense ? C’était le sujet abordé lors de cette 6e édition du Forum économique breton (FEB) à St Malo, les 10 et 11 septembre derniers. Autour de la table ronde, plusieurs experts réunis pour partager leur vision sur les PME bretonnes de la Défense, leur financement et leur relation avec la DGA et le ministère des Armées. Seront-elles prêtes ?

L’économie en ordre de bataille

En cas de conflit majeur en Europe dans les années à venir, les armées européennes auront besoin de matériel de qualité et en quantité suffisante. « Il faut produire plus, plus vite et mieux », rappelle Damien Begoc, de la DGA. Pour atteindre ces objectifs, toutes les entreprises peuvent travailler avec le marché de la Défense, qui est systématiquement en recherche et ouvert à de nouvelles innovations. « Le marché de la Défense est ouvert à toutes les entreprises bretonnes, conformément au principe d’égalité d’accès à la commande publique. Toutefois, les entreprises qui travaillent avec la Défense sont souvent les entreprises avec un très haut niveau d’exigence technologique. Parmi les sociétés du secteur automobile, ce sont plutôt les entreprises qui travaillent pour le sport automobile qui vont être préférées. De même, les entreprises du luxe travaillent souvent pour la défense ou le spatial », partage-t-il. Le très haut niveau d’exigence technologique nécessite néanmoins de poser la question de la disponibilité du financement.

Banque et fonds d’investissement : financer l’économie de la Défense

Le rôle des groupes bancaires et des fonds d’investissement est essentiel pour permettre aux PME bretonnes de se développer. Emmanuelle Degrauwe, directrice générale ajointe de la BPGO assure prêter une attention particulière au financement des PME bretonnes de la Défense. « Il est inscrit dans notre politique risque la possibilité de financer les PME de la Défense. Il est cohérent que les banques financent ce pan de l’activité », explique-t-elle.

Aujourd’hui 37% des PME de la Défense du Grand Ouest sont déjà accompagnées par la BPGO. « Cet accompagnement passe par un financement bancaire : financement d’investissement, financement de besoin en fonds de roulement. Il s’agit aussi d’apporter une aide sur la partie ingénierie pour protéger l’ensemble de l’entreprise et du projet en tenant compte de la notion d’indépendance et donc pas avec n’importe quel fonds d’investissement », ajoute Emmanuelle Degrauwe. « Notre action porte traditionnellement sur le financement de l’innovation dans l’écosystème maritime, avec le Crédit Maritime Grand Ouest. Nous avons décidé, au même titre que la région Bretagne, d’animer en transverse le secteur de la Défense, pour mieux accompagner nos clients, qui travaillent déjà avec la Défense ou qui essayent de rentrer sur les marchés. L’idée est de leur faire profiter de notre connaissance et de les aider à mieux décider. »

La Défense par l’innovation

Une fois les financements assurés, il s’agit d’innover. Robert Glémot, PDG breton, rappelle l’importance de travailler sur l’innovation, de mettre l’accent sur la R&D afin de proposer de nouvelles productions. « Pour pénétrer de nouveaux marchés, il faut être innovant », explique-t-il. « On le voit dans la guerre en Ukraine, avec de faibles investissements, l’armée ukrainienne parvient à développer des solutions innovantes et très peu élevées en termes de coûts », et qui sont d’ailleurs en concurrence avec du matériel occidental beaucoup plus cher à produire et à développer.

Un écosystème est mis en place par les pouvoirs publics et BPI France, afin de faire émerger des solutions et des produits issus de l’innovation, via notamment l’Accélérateur Défense dont le lancement interviendra en octobre 2025. De même, « Naval Group a développé une solution permettant de recueillir les propositions d’idées, d’innovation, de technologie, de procédé, permettant de « navaliser » les savoir-faire proposés par les entreprises, via une offre contractuelle. Il s’agit d’une piste rapide pour prendre en compte les technologies, conformément à ce qui est demandé par l’Etat-major, à savoir : développer les solutions sur les cycles très courts », explique Hervé Darmon, directeur souveraineté Naval Group.

Les entreprises bretonnes en général, et les PME en particulier, semblent bien placées sur le marché de la Défense française et européenne pour développer les solutions de demain, grâce à un écosystème robuste qui repose sur la convergence des acteurs privés et des acteurs publics. Seule l’épreuve du feu permettra de dire si le modèle est efficient et reproductible dans d’autres régions ou d’autres secteurs stratégiques.

Simon DOUAGLIN

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