Un rapport à charge
Les auteurs du rapport dénoncent une approche sécuritaire radicale du travail des forces de l’ordre, au travers de nombreux exemples. « Ces cas d’études ont documenté les effets pervers d’une logique politique martiale et de court terme, des limites associées à la seule répression dans les relations au public et des effets négatifs de telles pratiques sur des agents ainsi mis à risque. Ce modèle nuit à la fois aux citoyens, victimes de pratiques brutales, et aux policiers, exposés à des missions mal définies et risquées », observent-ils.
Le rapport dénonce les contrôles d’identité qui abimeraient l’image des forces de l’ordre. « Plus globalement, l’institution doit s’interroger sur le rapport coût/efficacité de ces contrôles systématisés aux impacts si néfastes sur l’image de la police, et placer la question de cette pratique dans l’évolution souhaitable du paradigme de la relation police/population, d’une approche confrontationnelle vers la recherche de la confiance. »
L’urgence d’agir
La situation sécuritaire en France et la dégradation des relations entre la police et la population nécessite d’agir et de redonner du lien à cette relation, dans le cadre de l’Etat de droit. « Il est urgent de réinvestir les fondamentaux du service public : formation, prévention, transparence, contrôle démocratique et reconnaissance du citoyen, le tout au service d’une action efficace, comprise par les usagers et ancré dans de vraies compétences professionnelles », interpellent les auteurs du rapport. « Il est aujourd’hui essentiel de valoriser la confiance et la communication, tant au sein des institutions qu’entre les institutions et la population. »
En plus de la confiance, pour améliorer le lien entre population et forces de l’ordre, il conviendrait de mettre l’accent sur la transparence. « Plus grande transparence dans la communication avec le public (qu’il s’agisse des contrôles d’identité ou des opérations de maintien de l’ordre), usage du dialogue et de la négociation (et de la force en dernier recours), revalorisation des compétences relationnelles des agents sont de nature à favoriser un cercle vertueux, bénéfiques tant aux policiers qu’aux publics », indiquent-ils.
Propositions
Fort de ce constat, plein de violences et de défiances, il conviendrait de désamorcer ce cercle vicieux. « La mise en place d’officiers de médiation et de communication, avec des tenues et des brassards distincts, permettrait de venir expliquer aux manifestants (et aux observateurs, notamment les journalistes) les mouvements des forces de l’ordre. L’usage des hauts parleurs et des écrans doit être adopté », proposent les auteurs du rapport. Au sein du rapport, plusieurs autres idées ressortent telles que : « l’usage des caméras-piétons », l’enregistrement des « contrôles » et une création d’un « code de bonnes pratiques ».
Ainsi, pour améliorer la sécurité publique à long terme et redonner un lien de confiance entre la population et les forces de l’ordre, il conviendrait de miser sur quelques évolutions techniques, parfois sur la forme, seules façons de redonner toute sa place à la police, comme protectrice de la population et éliminer toute suspicion de violence arbitraire.
Simon DOUAGLIN









