Drapeau palestinien : un enjeu de sécurité publique ?

9 novembre 2025 | Sécurité générale

Temps de lecture : 2 minutes

Photo :

Drapeau palestinien : un enjeu de sécurité publique ?

par | Sécurité générale

Étendard & islamisme. On le voit fleurir de plus en plus dans l’espace public mais que représente-t-il exactement ? Symbole anti-occidental ? Symbole de l’« axe de la résistance » ? Le think tank France2050 a remis un rapport intitulé L’infiltration en France de la République islamique d’Iran, au président du Sénat, au ministre de l’Intérieur et à la présidente de l’Assemblée nationale. Etat des lieux d’un étendard qui ne laisse pas indifférent.

Signe de ralliement marxiste et islamiste

Le drapeau palestinien est un marqueur bien plus large que le simple soutien à la Palestine et revêt même un caractère politique et religieux. « Si les activistes révolutionnaires marxistes avaient déjà fait du keffieh un élément de leur communication, les nouvelles recrues de la cause palestinienne commencèrent à utiliser plus largement son drapeau lors de manifestations. Il en fut de même chez les Frères musulmans, qui comprirent l’importance de son utilisation pour lutter contre Israël et les démocraties qui le soutenaient. Brandi en toute occasion, le drapeau palestinien devint l’un des emblèmes de la convergence entre des groupes islamistes et marxistes, qui pratiquaient un discours victimaire face aux médias, tout en prônant la révolution auprès de leurs disciples », expliquent les auteurs du rapport, Gilles Platret, Emmanuel Razavi et Matthieu Ghadiri.

Par extension, le drapeau palestinien est devenu le symbole de ralliement des ennemis de la France au Moyen-Orient, ce qui a nécessité une intervention des forces de l’ordre. « Ces derniers mois, plusieurs relais de la République islamique d’Iran, qui abusaient ainsi de cette bannière sur les réseaux sociaux, ont été arrêtés par la police française en raison de leur soutien à « l’axe de la résistance » qui regroupe des alliés régionaux de Téhéran comme le Hamas palestinien, le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et le Hezbollah », soulignent-ils.

La France sous la menace

Face à cette menace, quelle position adopter ? Peut-on interdire un drapeau dans l’espace public ? « Au regard de ces éléments, l’État français doit s’interroger sur l’interdiction de symboles propalestiniens lors de manifestations qui servent dans les faits les intérêts de la République islamique d’Iran et des groupes qui soutiennent ce qu’ils présentent comme « l’axe de la résistance ». Nous pensons que c’est le moins qui doit être fait pour maintenir l’unité nationale menacée et éviter le chaos qui menace la France », témoignent les auteurs.

Outre la présence d’un étendard parfaitement identifiable, se pose la question de la sécurité face à la menace. « La présence du CGRI/FQ en France est active, sophistiquée et persistante. Il ne suffit pas de neutraliser les complots individuels ; le défi plus profond consiste à résister aux efforts à long terme de Téhéran pour affaiblir la résilience démocratique par la peur, la manipulation et la coercition secrète », témoigne Amir Hamadi, l’un des auteurs du rapport et ex-agent spécial infiltré de la DEA, ancien diplomate du Moyen-Orient.

Pour faire face à cette menace et éviter toute ingérence, de nombreux outils et mesures devront être mobilisés. « La France doit combiner les opérations de renseignement, l’application de la loi, la pression diplomatique et l’engagement communautaire dans le cadre d’une campagne soutenue. La guerre de l’ombre est là et le coût de la complaisance se mesurera en vies, en libertés et en souveraineté », conclut-il.

Auteur / autrice

Voir aussi