Information, débat public et confiance
Au sein de cette étude, il existe de nombreuses disparités dans les réponses données, ce qui souligne une confiance altérée et un débat public biaisé. Les traditionnelles figures d’autorité sont de plus en plus remises en cause. « Lorsqu’une information importante circule, 42 % des Français estiment que plusieurs versions coexistent sans hiérarchie claire, tandis que 33 % considèrent qu’il n’existe plus de sources ou d’acteurs clairement légitimes pour faire autorité. Cette fragmentation alimente un sentiment diffus de perte de confiance et de lisibilité », indiquent les auteurs de l’étude.
Information et influence, sont deux notions intimement liées, qui ont des conséquences sur la société et sur la confiance. « Pour 48 % des Français, le pouvoir d’influence repose d’abord sur la capacité à capter l’attention et à devenir visible, loin devant la compétence reconnue (27 %) ou le statut institutionnel (18 %). »
Et tous ces éléments ont des conséquences sur le niveau de confiance générale. « La crédibilité ne se décrète pas. 52 % des Français citent les preuves visibles et les faits vérifiables comme premier levier de confiance, 46 % la cohérence entre les discours et les actes, et 43 % la transparence, y compris sur les doutes et les erreurs », expliquent-ils. Ce manque de confiance – voire défiance – est un terreau fertile pour le développement des idées complotistes.
Du bruit et de l’incompréhension
Réseaux sociaux, information en continu et démagogie : l’information est devenue omniprésente et en appelle de plus en plus aux sentiments des citoyens. Quand on leur pose la question : « Face à des sujets clivants (climat, covid, Ukraine, IA, …), avez-vous plutôt le sentiment que … », les répondants considèrent à 56% que le débat « alimente plus la confusion que la compréhension » et 38% pensent que les points de vue s’affrontent sans possibilité de conclusion partagée. 33% estiment que les « positions deviennent surtout émotionnelles ou identitaires », seulement 10% pensent que « les experts parviennent à stabiliser une identité commune ».
L’un des éléments essentiels du flux de l’information est le rôle devenu primordial des réseaux sociaux, qui façonnent et révolutionnent la façon de diffuser l’information. 53% des personnes interrogées considèrent que les réseaux sociaux « favorisent avant tout le contenu qui fait réagir vite (adhésion, colère, peur, etc) » et 49% d’entre elles estiment qu’ils « influencent nos opinions sans que nous en ayons toujours conscience ».
En somme, les liens qui existent entre confiance et information ont des conséquences graves sur la société avec une progression de la défiance dans les institutions et un développement du complotisme. A l’échelle internationale, il peut s’agir d’un levier de déstabilisation pour les puissances étrangères qui jouent sur la défiance et les opérations de déstabilisation pour obtenir des gains politiques, diplomatiques ou militaires.
Source : https://www.ege.fr/actualites/etude-exclusive-information-fake-news-et-desinformation









