Après le choc des attentats de 2015, la France a cherché à renforcer sa surveillance antiterroriste. Dès 2016, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) a commencé à travailler avec la société américaine Palantir. Fondée en 2003 avec l’appui d’In-Q-Tel, le fonds d’investissement de la CIA, cette société a développé des outils d’analyse de données à très grande échelle. Ils sont utilisés depuis des années par de grands groupes privés et des organismes publics, mais aussi par une multitude d’agences fédérales et de services de défense américains comme la CIA, le FBI ou encore l’US Army.
La France a renouvelé son contrat avec Palantir, le géant américain des logiciels de renseignement, pour trois années supplémentaires. « Ce renouvellement intervient à un moment où les défis en matière de sécurité nationale exigent des capacités technologiques robustes et évolutives, répondant aux normes les plus élevées en matière de sécurité, de confidentialité et de gouvernance des données », résume Palantir dans un communiqué.
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Des polémiques autour de Palantir
Fondée par Peter Thiel, figure de la droite libertarienne de la Silicon Valley, et avec le soutien de la CIA, Palantir a toujours fait l’objet de vives critiques. Depuis des années, des ONG s’inquiètent des risques de surveillance de masse et des atteintes aux libertés individuelles comme à la protection des données. Devenue rentable en 2024, l’entreprise met les bouchées doubles pour s’implanter en Europe, la France étant même devenue son deuxième plus gros marché après le Royaume-Uni. Cette expansion ne se fait pas sans heurts : outre-Manche, Palantir fait notamment l’objet de plusieurs plaintes visant à faire annuler son contrat pour centraliser les données du service de santé public britannique.
Concernant son contrat avec la DGSI, le périmètre d’intervention « demeure strictement défini et aligné sur les exigences opérationnelles et réglementaires déterminées par les autorités françaises », assure Palandir.









