L’ancien Préfet Lallement prévient : vers un probable retour des Gilets Jaunes

21 août 2025 | Sécurité générale

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L’ancien Préfet Lallement prévient : vers un probable retour des Gilets Jaunes

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Un chaos annoncé. L’ancien préfet alarme sur un possible retour des Gilets jaunes. Spécialiste du maintien de l’ordre, dont il a fait sa spécialité, l’ancien Préfet de Police Didier Lallement partage sa vision de la situation politique, sociale et sécuritaire en France, dans un ouvrage d’entretien : L’ordre nécessaire, aux éditions Robert Laffont. Alors que la situation sociale est catastrophique, le pouvoir d’achat diminue, le dialogue social semble rompu et, en l’absence de solution politique, la violence reste le seul exutoire.

Les élus deviennent des cibles

Dans son ouvrage, répondant aux questions de Jean-Jérôme Bertolus, l’ancien préfet de police de Paris revient sur l’importance de la violence dans la société qui s’étend de plus en plus jusqu’aux sphères institutionnelles. Celles-ci deviennent le réceptacle de la violence de la société et s’expriment de deux manières : contre les élus et contre les uniformes. « […] Les menaces de mort envoyées aux élus et aux personnalités publiques s’accroissent d’une manière vertigineuse », constate Didier Lallement. Ensuite, « […] l’uniforme n’est plus l’expression de l’autorité. À l’inverse, le porter représente un danger. Il fait de vous une cible. Le climat de violence est tel que les policiers sont régulièrement attaqués. Il n’y a plus de personnes en uniforme dans la sphère civile. Il y a trente ans, on en croisait fréquemment dans le métro ou dans la rue. Aujourd’hui, c’est fini. » Reste à savoir comment va se traduire cette violence rampante, ne risque-t-elle pas d’éclater ? Quelles en seront les conséquences ?

Un retour des Gilets Jaunes annoncé ?

L’augmentation du coût de la vie s’ajoute à un climat social déjà dégradé et pourrait conduire à un renouveau des Gilets jaunes dans les mois à venir. « Jaunes… Ou d’une autre couleur, peu importe. En tout cas, cette troisième manche est devant nous », assure l’ancien préfet de police de Paris. « Après les Gilets jaunes, il aurait fallu remettre immédiatement à niveau les unités chargées du maintien de l’ordre en y affectant massivement de jeunes policiers, ceux qui sortent des écoles. À l’inverse, on a choisi de saupoudrer les effectifs dans les commissariats – dix policiers à tel endroit, cinquante à tel autre. »

A la tête de la Préfecture de Police de Paris, Didier Lallement est connu pour son rôle et une attention particulière portée au maintien de l’ordre. Il a largement renforcé les policiers affectés à l’ordre public. « Je suis passé de quatre sections à six sections par compagnie chargées de l’ordre public, soit de quatre-vingts à cent vingt hommes. L’annonce d’un rehaussement au plan national a été faite dans les conclusions du Beauvau de la sécurité, mais, pour ma part, j’ai commencé d’y procéder sur Paris dès 2020. », rappelle-t-il.

« Un jour, je sais qu’il faudra de nouveau masser des effectifs devant l’Élysée »

Le climat social est tendu et la prochaine vague de manifestations pourrait « […] être pire que les Gilets jaunes », prévient Didier Lallement. « […] tous les clignotants d’un débordement par la rue sont au rouge. Tout y concourt : la situation politique, la situation sociale, la situation économique. Quel sera le prochain détonateur ? Les retraites ? L’inflation ? »

Quant aux forces de police mobilisées sur des missions de maintien de l’ordre, elles seraient plus faibles qu’elles ne l’étaient lors de la période des Gilets jaunes. « La capacité pouvant être dégagée pour l’ordre public par les unités mobiles est aujourd’hui plus faible qu’elle ne l’était hier. Elles sont occupées en outre-mer, en Corse et sur les frontières. Or l’ordre public demande une mobilisation significative pour toujours avoir un rapport de forces favorable. Par rapport à 2019, on est plus forts en tactique et en doctrine, mais plus faibles en effectif », alarme-t-il.

Alors que la rentrée s’annonce mouvementée, la date du 10 septembre est déjà annoncée comme une date de mobilisation populaire à l’appel de plusieurs organismes et responsables politiques et associatifs. Un nouveau détonateur en vue ?

Par Simon DOUAGLIN

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