23 avril 2026 | À la une

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Renseignement et science : le renseignement européen à l’heure de la présidence allemande

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Depuis le 1er janvier 2026, la présidence du Collège du renseignement en Europe revient à l’Allemagne. Sous son impulsion, quelle orientation pour le Collège du renseignement en Europe ? Quels défis à relever ? Des questions pregnantes dans un contexte de tensions européennes internes et de conflits internationaux.
Créé en 2019, le Collège du renseignement en Europe fête donc cette année ses 7 ans d’existence. L’institution a été pensée comme un échelon européen du renseignement, indépendant de l’Union européenne, et joue le rôle de cercle d’échanges, permettant de
rassembler les services de renseignements nationaux autour d’une même table, au sein d’une même institution.

En tant qu’« initiative intergouvernementale […], il génère, sans être prescripteur, des opinions professionnelles et académiques sur un large éventail de sujets liés au renseignement et les diffuse afin de contribuer au développement d’une culture stratégique du renseignement en Europe », souligne le Collège. Un tel organisme permet de renforcer la coopération et le dialogue entre les services de renseignement nationaux, au profit de la sécurité européenne.

« Renseignement et science »

La présidence allemande se place sous le thème choisi de Renseignement et science, et fait suite aux présidences norvégiennes, espagnoles et roumaines, respectivement engagées pour « accroître l’expansion géographique des thèmes au sein du Collège du Renseignement en Europe et renforcer l’ICE en tant qu’effort collectif », pour « renforcer le réseau académique et établir des ponts avec l’UE » et pour « créer des pôles d’expertise et des centres d’innovation ». Concrètement, dans un courrier adressé aux membres du Collège1, Philipp Wolff, coordinateur des services de renseignement fédéraux et chef de la Direction générale n° 7, explique que le thème Renseignement et science, « […] vise à consolider le rôle du Collège en tant que plateforme européenne incontournable pour favoriser une culture stratégique fondée sur la connaissance entre [les] communautés du renseignement et scientifiques ». Des conférences, ateliers et autres échanges seront organisés en 2026 à l’initiative des services de renseignement fédéraux allemands – BND, BfV et BAMAD – avec la sécurité européenne toujours en ligne de mire.
Par « science », les responsables du renseignement allemand entendent se saisir des différentes évolutions technologiques, maillon essentiel de l’avenir de la sécurité en Europe.« Notre présidence abordera donc des thèmes clés tels que le big data, l’intelligence artificielle, la prospective stratégique et les méthodologies essentielles tant pour les services de renseignement que pour la recherche scientifique, en s’adressant à un large éventail d’acteurs, des professionnels du renseignement aux chercheurs universitaires », conclut Philipp Wolff.
Dans un contexte de conflits internationaux, de tentatives d’ingérences, de contestations sociales et de menace toujours présente de terrorisme, renforcer le dialogue entre les service de sécurité et faire émerger une culture stratégique européenne, en se basant sur les évolutions technologies, semble être un élément crucial pour l’avenir de la sécurité des pays européens.

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