Mort de Nahel : la Défenseure des droits réclame des sanctions contre les policiers

20 juin 2026 | Sécurité intérieure

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Photo : Claire Hédon, la défenseurse des droits.

Mort de Nahel : la Défenseure des droits réclame des sanctions contre les policiers

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Trois ans après la mort de Nahel Merzouk, la Défenseure des droits demande au ministre de l’Intérieur d’ouvrir des procédures disciplinaires contre les deux policiers de Nanterre mis en cause dans cette affaire. Une décision qui interroge, au-delà du seul cas Nahel, les consignes encadrant les refus d’obtempérer et l’usage des armes par les forces de l’ordre.

Saisie d’office, Claire Hédon a rendu publiques vendredi 19 juin les conclusions de l’enquête de son institution sur la mort de l’adolescent de 17 ans. Le jeune homme avait été tué le 27 juin 2023 à Nanterre, d’une balle tirée à bout portant lors d’un contrôle routier consécutif à un refus d’obtempérer. Son décès avait déclenché plusieurs nuits d’émeutes à travers le pays.

Dans une décision de 39 pages, révélée par Le Monde, l’autorité indépendante relève une série de manquements déontologiques. Engager la course-poursuite ce jour-là contrevenait aux consignes alors en vigueur, qui la réservaient à des faits d’une « certaine gravité ». Surtout, lorsque le conducteur redémarre à vitesse réduite, les policiers, qui ne se trouvaient pas sur sa trajectoire, ne sont pas exposés à un péril imminent : l’usage de l’arme n’était donc, selon elle, ni « absolument nécessaire » ni « proportionné ».

Absence de sanction

La Défenseure des droits saisit en conséquence le ministre de l’Intérieur afin qu’il engage une procédure disciplinaire à l’encontre de chacun des deux agents. Les avocats de la famille soulignent que l’auteur du tir n’a jamais été sanctionné par sa hiérarchie et qu’il a même été réintégré.

Sur le plan judiciaire, l’affaire a connu un nouveau rebondissement la semaine passée : la Cour de cassation a annulé la requalification des faits en violences pour le policier auteur du tir, rouvrant la voie à un éventuel procès pour meurtre. Le dossier est renvoyé devant la cour d’appel de Versailles. La haute juridiction a en revanche validé le non-lieu prononcé en faveur du second policier. Sollicité, le ministère de l’Intérieur n’avait pas réagi dans l’immédiat.

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